Quand le sport populaire fait vibrer les camps de réfugiés palestiniens en Cisjordanie
- Mojahed Assi
- il y a 17 heures
- 3 min de lecture
Entre la fin de l’année 2025 et le début de l’année 2026, plusieurs festivals sportifs ont rythmé la vie des camps de réfugiés de New Askar, Al-Amari et Aïda, en Cisjordanie.
Portés par le projet Sport pour toutes et tous, ces temps ont rassemblé des centaines d’enfants, de jeunes et d’adultes. Ils ont notamment été construits autour de temps de sensibilisation au sport féminin et au développement de pratiques partagées avec des personnes en situation de handicap, dans le cadre d’un financement du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), en partenariat avec les villes d’Allonnes, Stains, Grenoble, Grigny et Strasbourg.

À New Askar, des festivals pour la pratique féminine et les pratiques partagées
Le 29 novembre 2025, plus d’une centaine de jeunes filles âgées de 10 à 15 ans ont investi les cours des écoles de New Askar pour une journée entièrement consacrée au sport féminin. Encadrées par huit animatrices du projet, elles ont participé à plusieurs ateliers : handball, ultimate, football et volleyball.
Quelques jours plus tard, le 3 décembre, à l’occasion de la journée internationale des personnes en situation de handicap, une journée dédiée aux pratiques partagées a été organisée en partenariat avec le Centre pour les personnes en situation de handicap de New Askar. Encadrés par 11 animateur·ices du projet, entre 50 et 60 participants âgés de 10 à 40 ans ont pris part aux activités. Pensées pour être accessibles à tous et toutes, les animations ont favorisé la coopération, la solidarité et la rencontre entre publics valides et en situation de handicap. Une manière concrète de faire vivre un sport pour toutes et tous.
À Al-Amari et Aïda, le sport comme espace de vie
Quelques semaines plus tard, en janvier 2026, la dynamique s’est poursuivie dans les camps d’Al-Amari et d’Aïda, avec deux nouveaux festivals organisés cette fois en présence d’une délégation du Consulat de France et du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Une occasion de partager concrètement, sur le terrain, les actions menées et leur impact auprès des enfants et des jeunes.
Le 20 janvier, à Al-Amari, entre 150 et 180 enfants, filles et garçons âgés de 8 à 15 ans, ont investi les espaces du centre pour enfants du camp. Tout au long de la journée, les activités se sont enchaînées dans une ambiance dynamique et collective : jeux sportifs, ateliers coopératifs, sports d’équipe… Encadrés par les animateurs et animatrices du projet, les enfants ont circulé entre les ateliers, dans un cadre favorisant la participation de toutes et tous.

Deux jours plus tard, le 22 janvier, le festival organisé dans le camp d’Aïda a pris une dimension particulière. Environ 80 enfants, à parts égales entre filles et garçons, ont participé à cette journée rythmée par des ateliers mêlant athlétisme et football. Mais au-delà des activités, c’est le lieu même du festival qui lui a donné une portée singulière.
Organiser un festival dans le terrain menacé de destruction par l’armée israélienne, c’était aussi affirmer son importance comme lieu de vie essentiel pour les enfants et les jeunes du camp.

L’ambiance était marquée par l’enthousiasme, les encouragements et l’esprit d’équipe. Rires, détermination et solidarité ont rythmé ces journées. Pour ces jeunes participants et participantes, le sport représente bien plus qu’une activité physique : il devient un espace de confiance, d’expression et de liberté. Pour beaucoup, ces moments constituent une rare opportunité d’occuper pleinement l’espace sportif, de gagner en assurance et d’affirmer leur place dans l’animation et l’organisation des activités du projet.
À Al-Amari, New Askar et Aïda, ces fêtes sportives illustrent pleinement la philosophie du projet « Sport pour toutes et tous », porté par la FSGT et ses partenaires. Dans des camps de réfugiés où les défis du quotidien sont nombreux, le sport devient un espace d’espoir pour la jeunesse, un lieu de participation active et un outil de renforcement de la cohésion sociale.
À travers ces initiatives, les camps de New Askar, Al-Amari et Aïda montrent qu’un autre modèle est possible : lorsque le sport est mis au service de l’humain, il devient un puissant levier de transformation sociale, capable de rassembler filles et garçons, valides et personnes en situation de handicap, autour de valeurs universelles.
Une fois de plus, dans ces camps de réfugiés palestiniens, le sport continue de rassembler, d’inclure et d’émanciper.









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